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Actualité du SPI Vallée de Seine

Lutter contre les nuisances olfactives : Retour d’expérience avec Westrand et Cristal Eco Valo

Mise en ligne : 2 décembre 2025
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Les nuisances olfactives constituent un enjeu parfois sous-estimé, mais bien réel pour de nombreux riverains.
Si l’odorat humain est un outil d’alerte face à certains dangers, comme une fuite de gaz ou une substance toxique, certaines odeurs persistantes et envahissantes, bien qu’elles ne soient pas toujours synonymes de danger immédiat, peuvent altérer la qualité de vie.
C’est pourquoi la gestion des nuisances olfactives doit être prise en compte.
Dans cette logique, l’entreprise Westrand, experte dans le traitement des nuisances olfactives depuis 1993, accompagne les industriels comme Cristal Eco Valo (centre de traitement et de valorisation énergétique des déchets basé à Carrières-sur-Seine) pour limiter l’impact de leurs émissions.
Nous avons rencontré Monsieur Paul Marie, ingénieur commercial, et Mathilde Koncewiecs, technico-commerciale Nord, pour en savoir plus sur leur approche.

Dans quels secteurs d’activités intervenez-vous et de quelle manière?

Nous travaillons dans des domaines très variés : incinérateurs de déchets ménagers, stations d’épuration, raffineries, industries pétrochimiques, de solvants, agroalimentaires, et chantiers de dépollution. Pour chacun de ces secteurs, nous proposons une gamme de neutralisants d’odeurs formulés à base d’huiles essentielles, naturelles ou de synthèse, adaptées à chaque problématique.
Ces huiles sont utilisées sous forme hydro-solubilisée ou pure, permettant de traiter entre 95% et 98% des nuisances olfactives. Leur efficacité repose sur des fonctions chimiques réactives capables de neutraliser des gaz malodorants comme l’ammoniac, les amines, le H₂S ou les mercaptans. Cette neutralisation chimique permet de trouver un équilibre olfactif neutre.
Nos produits sont brevetés en France et en Europe, testés pour garantir leur non-toxicité, leur biodégradabilité et leur innocuité pour l’homme et l’environnement. Ils respectent les réglementations françaises, européennes, canadiennes et le protocole REACH.

Quel est le processus lorsque vous intervenez chez un industriel ?

Nous commençons par analyser l’installation et le processus de fabrication :
Est-il linéaire ?
Y a-t-il des pics de production ?
L’industriel peut parfois avoir déjà identifié les sources d’odeurs et réalisé des mesures. Dans certains cas, des mesures supplémentaires sont nécessaires mais le nez humain reste une référence.
Nous pouvons constituer des jurys de nez pour quantifier les unités d’odeurs, ce qui nous permet de formuler un neutralisant adapté. Nous travaillons avec de grandes familles de neutralisants ciblant les composés soufrés, ammoniaqués, hydrocarburés… ou des mélanges de ces composants.
Notre objectif n’est pas de masquer une odeur par une autre, mais de réduire les unités d’odeurs et leur intensité.

Comment sont diffusés les neutralisants ?

Nous fournissons aux industriels des armoires prêtes à l’emploi, équipées d’un système complet : arrivée d’eau, filtration, pompe doseuse, groupe haute pression, station météo si nécessaire. Nous proposons aussi des armoires à vapeur sèche, diffusant des huiles essentielles pures atomisées sous forme gazeuse, propulsées dans les bâtiments via des ventilateurs.

Ces systèmes permettent une mise en œuvre rapide et à coût maîtrisé, notamment dans des contextes comme la réception d’ordures ménagères, les incinérateurs ou les fosses de stockage.

Proposez-vous une phase de test ?

Oui, nous recommandons une période de test industriel de trois mois avec une configuration définitive. Cela permet d’évaluer l’efficacité du traitement dans des conditions variables. À l’issue de cette phase, un rapport est établi.

Des mesures peuvent être réalisées par un laboratoire indépendant, mais le véritable indicateur reste le niveau de plaintes des riverains.

Existe-t-il des normes sur les odeurs ?

Oui, notamment pour les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Par exemple, la norme NF EN 13725 impose un seuil maximal de 5 unités d’odeur par mètre cube (UO/m³) pendant plus de 175 heures par an, soit un taux de dépassement de 2 % (percentile 98), dans un rayon de 3 000 mètres autour de l’installation.

Que représentent ces unités d’odeurs ?

L’unité d’odeur européenne (ouE/m³) correspond à la quantité de substance odorante qui, évaporée dans 1 m³ de gaz neutre, déclenche une réponse physiologique chez un jury de nez. C’est le seuil de détection.

Mais tout est relatif : une odeur agréable comme celle d’un sous-bois en automne peut atteindre 1 000 unités d’odeurs sans provoquer de gêne.

Combien de temps faut-il pour que vos solutions soient efficaces ?

L’un des grands avantages de nos solutions est leur efficacité immédiate. Une fois le volume d’air saturé, les effets sont perceptibles quasi instantanément, que ce soit dans une cheminée ou un bâtiment.

Le retour d’expérience de Cristal Eco Valo

Nous avons pu nous entretenir avec Monsieur Briche, responsable du site Cristal Eco Valo à Carrières-sur-Seine qui nous a éclairé sur la mise en place de système de neutralisation des odeurs.
Arrivé en 2021 sur le site, il a rapidement fait le constat du nombre important de « plaintes odeurs » émises par les riverains.
Rappelons que le site de Carrières-sur-Seine regroupe une unité de valorisation énergétique UVE (CRISTAL ECO VALO (SUEZ) et une chaufferie gaz (CRISTAL ECO CHALEUR (ENGIE). Il traite 123 000 tonnes d’ordures ménagères pour 14 communes regroupant 330 000 habitants.
L’énergie produite alimente environ 18 500 habitants en électricité et 5400 foyers sur le réseau de chaleur urbain du SITRU (Syndicat Intercommunal pour le Traitement des Résidus Urbains) Cristal Eco Chaleur déployé au niveau des communes de Houilles, Chatou, Carrières-sur-Seine, Montesson, Rueil Malmaison
et Sartrouville.

Fort de son expérience passée avec l’entreprise Westrand dans la réduction des nuisances olfactives sur un précédent site industriel, Monsieur Briche a pris l’initiative d’implanter un dispositif similaire sur le site de Carrières-sur-Seine.
Situé en zone urbanisée, à proximité immédiate de quartiers résidentiels, celui-ci suscite une attention particulière quant au confort des riverains.
En effet, certaines phases d’exploitation, notamment l’apport et le stockage des déchets, ont pu occasionner des nuisances olfactives ponctuelles, soulevant des préoccupations locales auxquelles il était important d’apporter une réponse adaptée.

Pourriez-vous nous rappeler le principe du neutralisant ?

Le neutralisant utilisé est un produit diffusé dans l’air ambiant des halls de réception des déchets sous forme de vapeur sèche. Cela représente seulement 40 litres de produit par mois et par fosse de réception, ce qui est très peu et nécessite une installation assez légère (une armoire) sur le site. Le produit agit par neutralisation chimique en déstructurant les molécules odorantes, se différentiant d’un masquant d’odeurs utilisant un parfum. Westrand conçoit des solutions moléculaires adaptées aux odeurs spécifiques rencontrées sur site, offrant ainsi un traitement sur-mesure.

Quels impacts avez-vous observés ?

Les odeurs sont traitées directement à la source et les effets sont presque instantanés. La réduction des nuisances olfactives est significative. Les retours des riverains et de la collectivité délégante indiquent une amélioration notable du confort à proximité du site.

Nous avons organisé en mai 2025 des journées porte-ouvertes, accueillant près de 5000 visiteurs, impressionnés par la maîtrise des émissions environnementales, et notamment des odeurs non perçues lors de la visite des installations.

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